Hamadine AG MOCTAR
Fondateur de Tadaksahak Learning et de HAM Global-Words · interprète, traducteur, développeur et auteur
Le fondateur
Hamadine AG MOCTAR est le créateur de Tadaksahak Learning et de son assistant. Interprète, traducteur, développeur et auteur, il se définit comme un « gardien de la mémoire culturelle », avec une mission : « connecter nos mondes ». Il a fondé et dirige l’agence HAM Global-Words (www.hamadine-services.com).
Né dans le désert, il a appris le tadaksahak auprès de sa mère. Il a ensuite appris les autres langues sur les routes : le français dans les administrations, l’arabe dans les mosquées, le haoussa dans les marchés, l’anglais sur les routes de l’exil. Son parcours s’est écrit entre le Mali, le Niger et le Bénin. Il a traversé l’exil, les camps et la perte d’un bras, qu’il accueille comme un décret divin, sans honte, et sans renoncer : « Ce n’est pas une vie de survivant, c’est une vie de créateur. »
Compétences
- Langues : tadaksahak (langue maternelle), français, arabe, haoussa, anglais, tamasheq
- Interprétation et traduction : interprète entre les langues et les cultures, « passeur de sens entre les mondes » ; services de traduction, d’interprétariat et de développement web proposés par l’agence HAM Global-Words
- Développement : conception de Tadaksahak Learning (dictionnaire multilingue, grammaire, bibliothèque, espace de recherche du groupe de travail, assistant d’intelligence artificielle)
- Mémoire et recherche : collecte et mise en ligne des sources sur les Idaksahak ; coordination technique du groupe de travail sur leur origine
- Écriture : auteur d’un récit autobiographique, de poèmes et de chansons
Contact : agmoctar@hamadine-services.com · Site de HAM Global-Words
Mot du fondateur
Ma mère m’a donné le tadaksahak comme on confie un trésor à un enfant qui part sur une longue route. Elle me racontait les ancêtres, les routes qu’ils avaient parcourues, les promesses laissées dans le sable. J’ai grandi en comprenant qu’un peuple ne meurt pas d’abord par les armes : il meurt quand plus personne ne se souvient de ses mots.
Les Idaksahak ont traversé les siècles, les sécheresses, les exils et les guerres. Nos anciens portaient la science dans leur mémoire et la paix dans leurs mains. Beaucoup sont partis sans que leurs voix soient enregistrées, sans que leurs visages soient nommés. Nous devons au moins cela à ceux qui sont tombés : ne pas les oublier.
Tadaksahak Learning est né de ce devoir de mémoire. C’est un dictionnaire, une grammaire, une bibliothèque, une galerie d’archives, un espace de recherche et une intelligence artificielle. Mais c’est d’abord une promesse : que notre langue soit écrite, entendue et enseignée ; que notre histoire soit établie sur des preuves et non sur des rumeurs ; et que nos petits-enfants puissent la lire, la vérifier et la poursuivre.
On me dira que l’ambition est trop grande pour une langue si peu parlée. Je réponds que nos ancêtres ont traversé le Sahara avec moins que ça. J’ai perdu un bras, pas mon élan. Je n’ai pas de diplôme, mais j’ai appris des routes, des marchés, des mosquées et de ma mère. Si un homme presque seul, avec de la patience et de la foi, peut bâtir ceci, alors un peuple entier peut bâtir bien davantage.
Cette plateforme est ouverte à tous : aux Idaksahak d’ici et de la diaspora, aux chercheurs, aux curieux, à l’humanité entière. Je n’écris pas pour être lu. J’écris pour qu’on se souvienne.
Nos visions
- Faire vivre la langue. Que tout locuteur et tout apprenant trouve le tadaksahak écrit, prononcé et expliqué : chaque mot avec sa voix, chaque règle avec ses exemples, et une écriture de la langue que la communauté aura choisie.
- Rétablir l’histoire sur des preuves. Rassembler tous les écrits, témoignages et arbres généalogiques, puis distinguer ce sur quoi les sources indépendantes convergent de ce qui reste débattu. Les récits seront ensuite confrontés aux enquêtes orales, selon la méthode du groupe de travail.
- Garder la mémoire des nôtres. Conserver les visages, les voix et les noms : les anciens, les chefs de fraction, les martyrs, les assemblées comme celle de Boudada en 1994. Le temps et la guerre ne doivent pas les effacer.
- Transmettre. Offrir aux enfants et aux petits-enfants une histoire claire et sourcée, qu’ils pourront poursuivre sans tout revérifier.
- Ouvrir au monde. Rendre ce savoir accessible à toute l’humanité, gratuitement, en trois langues, tout en respectant ceux qui l’ont produit : chaque auteur cité, chaque source nommée.
- Mettre la technologie au service d’une petite langue. Montrer qu’une langue parlée par quelques dizaines de milliers de personnes peut avoir son dictionnaire, sa bibliothèque et son intelligence artificielle, construits par les siens.
Ce que réunit la plateforme
Tadaksahak Learning : apprendre la langue des Idaksahak, établir leur histoire sur des preuves et garder leur mémoire, en libre accès.
Tadaksahak Learning est une plateforme en libre accès, en français, en anglais et en arabe. Elle sert à apprendre le tadaksahak, la langue des Idaksahak, et à connaître ce peuple : son histoire, sa culture et sa situation actuelle.
- La langue : un dictionnaire multilingue avec les prononciations, la grammaire en leçons, la phonologie, des quiz et des cartes de révision.
- La culture : des contes et des émissions de radio transcrits et traduits, une frise historique, et une galerie d’archives, dont les photos de Charles Grémont et celles du premier congrès de la communauté à Boudada en 1994.
- Les savoirs : une bibliothèque d’ouvrages et de thèses, dont la grammaire de Regula Christiansen-Bolli en texte intégral, des rapports, une bibliographie et les travaux validés du groupe de recherche.
- L’espace de recherche : l’outil du groupe de travail sur l’origine des Idaksahak. On y collecte les documents, les témoignages et les arbres généalogiques, on les analyse, puis on les valide par consensus. Le groupe de recherche est désigné par le Secrétariat permanent de la communauté Idaksahak, présidé par l’honorable Moussa AG Acharatoumane ; sa commission de recherche est présidée par Mohamed AG Nadroun. Abdoul-Jalil Ag Salah et Hamadine AG MOCTAR, chercheurs et développeurs, y contribuent.
- L’assistant : il répond en s’appuyant sur toutes ces ressources et cite ses sources. Il distingue ce sur quoi les écrits convergent de ce qui diverge, lit les fichiers qu’on lui confie et peut compléter par une recherche sur le web.