Langue
Le tadaksahak, langue parlée par la communauté des Idaksahak, constitue un système linguistique autonome à la croisée de grands ensembles sociolinguistiques de la boucle du Niger et du Sahara. Il partage des convergences structurales avec les parlers songhay (à l’instar du tagdalt des Igdalane) et des affinités lexicales avec le tamasheq des Iwellemmeden. Pour autant, il s’agit d’une langue à part entière, forgée par des dynamiques historiques, sociolinguistiques et territoriales propres à la communauté Idaksahak.
Dictionnaire
Plus de 500 mots traduits en français, anglais et arabe.
Grammaire
La grammaire de référence résumée en trente blocs.
Phonologie
Voyelles, consonnes et leurs réalisations.
Propositions relatives
Les trois stratégies de relativisation du tadaksahak.
Vocabulaire thématique
Le vocabulaire classé par thème : animaux, corps, famille…
Le nom de la langue
Les locuteurs appellent eux-mêmes leur langue tadaksahak. Le nom varie selon le genre et le nombre : a-dáksahak « homme du groupe », i-dáksahak « hommes du groupe », t-a-dáksahak « femme du groupe » (c’est aussi le nom de la langue), t-ǝ-dáksahak « femmes du groupe ».
Les documents coloniaux et administratifs emploient des formes tirées du nom que leur donnent les Touaregs : Dausahaq, Daoussak, Daoussahaq, Dawsahaq ou Daosahaq.
Où est-elle parlée ?
Le tadaksahak est parlé principalement dans le cercle de Ménaka et dans le nord du cercle d’Ansongo, au Mali, ainsi que dans certaines régions du Niger. Ses locuteurs partagent cet espace avec des locuteurs du tamasheq, du songhay, de l’arabe et du fulfulde.
Trois aires présentent des particularités : Tamalet, dans la vallée de l’Azawagh ; Talatayt, au nord-ouest de Ménaka ; Infukaraytan, à la limite sud du territoire, entre Ménaka et Niamey.
Parmi les langues voisines
Les linguistes rangent le tadaksahak dans le « songhay du Nord », aux côtés du tagdal (Niger), du tasawaq (In-Gall, Niger) et du korandje (Tabelbala, Algérie). Ces parlers ont tous été fortement marqués par le contact avec le touareg.
Il n’y a pourtant pas d’intercompréhension avec les autres parlers songhay, et les locuteurs consultés rejettent l’idée que le tadaksahak serait une simple variété dialectale du songhay.
Une langue à transmettre
Le tadaksahak n’a ni statut officiel ni place à l’école. Ses locuteurs recourent de plus en plus au tamasheq, au songhay ou au français, ce qui fragilise sa transmission : il est aujourd’hui considéré comme une langue en danger.
Des chercheurs de l’Institut de Pédagogie Universitaire de Bamako proposent de s’appuyer sur la comparaison entre tadaksahak et touareg pour jeter les bases d’une éducation bilingue dans la région de Ménaka.
Source : Ag Abdoussalam, M. ; Ag Agouzoum, A., Hamadou, A. K. et Ag Abdoussalam, M.