A Grammar of Tadaksahak, a Northern Songhay Language of Mali

Thèse de doctorat, Université de Leyde, soutenue le 31 mars 2010

by Regula Christiansen-Bolli · 2010 · 369 pages

Directeur de thèse : Prof. dr. M. Mous ; co-directeur : Dr. M. G. Kossmann. Recherche financée par la NWO (projet « Tuareg and the Central Sahelian Languages, A History of Language Contact »).

© 2010 Regula Christiansen-Bolli. Texte intégral publié sur ce site avec accord. Libre consultation pour apprendre le tadaksahak et connaître les Idaksahak ; toute reproduction, intégrale ou partielle, doit citer l’autrice, le titre, l’année et la source.

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La grammaire de référence du tadaksahak : phonologie, morphologie, syntaxe, textes glosés et listes de mots. Fruit de neuf années de terrain à Ménaka (1993-2002), elle décrit une langue songhay du nord profondément marquée par le tamasheq, dans les sons, la formation des mots et surtout la dérivation verbale. Le texte intégral est lisible et téléchargeable sur cette page ; les présentations des chapitres ci-dessous ont été rédigées pour ce site.

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Introduction (p. 1-8)

Le tadaksahak est la langue des Idaksahak (ou Dausahak), groupe nomade vivant surtout dans le cercle de Ménaka et le nord du cercle d’Ansongo. Classé par Robert Nicolaï (1981) dans le songhay du nord, avec le tagdal, le tasawaq et le korandjé, il a subi, comme toutes ces langues, une forte influence touarègue ; certains auteurs y voient une « langue mixte ».

Les noms que se donnent les locuteurs : a-dáksahak (un homme du groupe), i-dáksahak (les hommes, le groupe), t-a-dáksahak(-k) (une femme), t-ǝ-dáksahak (la langue, les femmes). Ils désignent seulement la caste des hommes libres. Les Touaregs disent Dausahaq, les Songhay des marchés « dosahak ». Prasse et al. (2003) traduisent Dăw-Ṣahak par « fils d’Isaac (l’ancêtre juif) », opinion répandue chez les voisins, mais les Idaksahak ne revendiquent pas d’ascendance juive.

Histoire : les Idaksahak situent leur origine au Maroc ou, plus largement, dans « le Nord », quitté il y a quelques siècles. Selon Mohammed Ag Guidi (communication de 1993), ils ne partagent pas d’ancêtres avec les Touaregs et viendraient d’un autre groupe berbère d’Afrique du Nord. Selon certaines traditions, ils auraient vécu un temps dans la région de Tombouctou.

Société : groupe intégré aux Kel Ataram, bergers de la noblesse iwellemmedan et protégés par elle, les Idaksahak étaient aussi une tribu maraboutique qui accomplissait les devoirs religieux de la noblesse touarègue ; le clan des Id-aʃʃaríf, tenu pour descendant du Prophète, est le plus connu. Les Igdalen (langue tagdal), au Niger, seraient selon les Idaksahak leurs descendants.

Environ 31 800 locuteurs (Ethnologue 2005). Trois variantes sont signalées : Tamalet (vallée de l’Azawagh), Talatayt (nord-ouest de Ménaka, la plus conservatrice) et Infukaraytan (frontière du Niger). Le terrain a été mené à Ménaka de 1993 à 2002, avec l’aide de nombreux locuteurs.

Structure phonologique (p. 9-48)

Syllabes fermées fréquentes, consonnes pharyngales et toute une série d’alvéolaires pharyngalisées. Cinq voyelles de base qui s’opposent par la longueur, plus le schwa, toujours bref ; la réalisation des voyelles dépend du contexte et de l’accent.

Règles sonores : assimilation de /n/, harmonie des sifflantes, contractions vocaliques, resyllabation ; puis les schémas d’accent selon le nombre de syllabes.

Morphologie (p. 49-142)

Le verbe : la dérivation (causatif, réciproque et moyen, passif) est d’origine tamasheq. Un verbe de racine songhay est remplacé, quand on le dérive, par un équivalent de racine tamasheq (supplétion). Le pronom sujet se cliticise au verbe et reste présent même avec un sujet nominal.

Le nom : deux structures, avec ou sans préfixe de nombre ; genre marqué sur certains noms sans accord grammatical ; pluriels par suffixe, préfixe, ou alternance vocalique. Les noms à préfixe viennent surtout du tamasheq, quand ce ne sont pas des emprunts à l’arabe ; la nominalisation d’agent et d’instrument suit le modèle berbère.

Pronoms, postpositions et rares prépositions, formation des adjectifs (stratégie songhay ou tamasheq selon l’origine de la racine, le suffixe tamasheq gagnant du terrain) et numéraux.

Syntaxe (p. 143-284)

Groupe nominal : jusqu’à cinq démonstratifs après le nom et un avant, un déterminant aɣo, numéraux et quantifieurs. Morphèmes de mode, d’aspect et de négation mutuellement exclusifs ; impératif distinguant singulier et pluriel.

Langue SVO riche en verbes labiles ; compléments verbaux, propositions complétives, phrases copulatives, existentielles et possessives.

Deux stratégies de relatives (restrictives sans pronom de rappel ; non restrictives avec sa), topicalisation et focalisation, interrogatives, coordination, buts, causes, conditions et subordination temporelle.

Références, annexes et index (p. 285-351)

Bibliographie ; deux textes glosés ; verbes d’origine songhay avec leurs formes causatives et passives ; listes de mots anglais-tadaksahak et tadaksahak-anglais ; cognats songhay ; index des morphèmes ; résumé.

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Reference

Regula Christiansen-Bolli (2010). A Grammar of Tadaksahak, a Northern Songhay Language of Mali. https://hamadine-services.net/en/bibliotheque/355 (accessed 2026-10-18)

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